Résumé

  1. Les rapports entre éducation et informatique sont aussi anciens que
  2. l'informatique elle-même (Bush, Turing, Licklider, Engelbart...)
  1. Les questions liées à l'éducation sont à l'origine de nombreuses
  2. innovations informatiques (Papert et le LOGO, Kay et le langage orienté objet, Negroponte et le "netbook", Sugar et l'interface mono-application, etc.)
  1. Cessons de dire « éducation numérique ».
  1. La place du libre dans l'éducation, c'est :
  2. les livres du domaine public (projet Gutenberg)
  3. l'encyclopédie libre (Wikipédia)
  4. l'encyclopédie libre pour les 8-13 ans (Vikidia)
  5. les manuels de mathématiques (Sésamath)
  6. la suite d'exercices et de jeux (Gcompris)
  7. les distributions libres orientées éducation (Edubuntu)
  8. le projet Sankoré : ressources libres pour les tableaux
  9. numériques interactifs
  10. OLPC France (ressources pédagogiques francophones pour la
  11. plate-forme libre Sugar)
  1. Le libre est aussi important pour l'éducation que l'éducation est
  2. importante pour la liberté.
  1. Il y a trois débats à ne pas confondre :
  • le débat entre « pédagogistes » et « républicains »
  • le débat pour l'usage (ou non) des logiciels et contenus libres à l'école
  • le débat : faut-il enseigner l'informatique comme science ou
  • faut-il former à l'usage des outils informatiques ?
  1. Chacun se situe dans ces trois débats. Voici comment je me situe :
  • je suis de fibre plutôt républicaine (i.e. pour la transmission
  • des connaissances, pour l'importance du maintien de l'autorité de l'enseignant, pour l'assise de cette autorité sur l'amour de la discpline) ;
  • je suis pour l'usage du libre à l'école ;
  • je suis pour l'enseignement de l'informatique à l'école.
  1. Je suis donc contre :
  • l'idée que les pédagogies alternatives représentent en
  • elles-mêmes une solution ;
  • l'idée qu'il n'est pas important de distinguer le libre et le
  • propriétaire à l'école ...
  • l'idée qu'il faut enseigner les usages plutôt que la
  • programmation elle-même.
  • Ce contre quoi je me positionne forme un tout assez cohérent : ce
  • sont les mêmes « voix » qui poussent pour l'apprentissage des usages (tout en disant que les enfants savent déjà tout faire, en tant que « natifs du digital »), pour l'adoption de solutions propriétaires (qui réduisent l'utilisateur à un consommateur) et pour les pédagogies alternatives (censées être plus adaptées aux compétences de ces natifs du digital, telles que le fameux multitasking.)
  1. L'importance du libre est occultée par trois choses :
  • les médias, qui accaparent notre attention avec des outils à la
  • mode et des success story pédagogiques (obstacle médiatique) ;
  • notre administration, qui rend compliquée d'investir l'énergie
  • des enseignants et des élèves dans des outils et des contenus libres (obstacle administratif) ;
  • la technologie, qui par nature attire l'attention sur elle-même
  • au lieu d'être un organe pédagogique « transparent » (obstacle technologique).
  1. Investir dans le libre éducatif est une bonne chose car :
  • le libre dure longtemps ;
  • l'investissement dans le libre peut se faire en marge de toute
  • validation ou incitation administrative (cf. Sésamath) ;
  • le libre permet des économies d'échelle pour l'administration ;
  • contribuer à des outils et des contenus se fait sans exclure
  • aucune méthode pédagogique ;
  • le libre encourage une attitude pédagogique à l'égard des
  • logiciels : quand un bug survient, l'élève et/ou l'enseignant sont responsabilisés au lieu d'être infantilisés (voir la métaphore la crumple zone chez Walter Bender) ;
  • Investir dans le libre, c'est se donner les moyens d'acquérir un
  • point de vue critique à l'égard des technologies et pédagogies révolutionnaires que les médias mettent en avant.
  1. Assume nobody else has any idea what they're doing either. C'est le
  2. meilleur moyen d'avancer...